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L’urine au jardin : enfin un vrai engrais miracle ? 

l'urine en engrais au jardin

L’urine, on en a tous sous la main, et ça ne coûte rien. 

 

Alors, si c’est un engrais miraculeux, “ça se saurait”, dirait l’autre.

 

Trop beau pour être vrai, donc ? 

Si le sujet vous intéresse, j’espère que vous êtes bien réveillé. Que vous êtes posé, et à l’aise. 

Parce qu’on va répondre à la question, en détails… :

 

Voici les points que nous allons aborder ensemble : 

– Qu’est-ce qu’un engrais, au fait ? 

– Quelle est la composition de l’urine ?

– En quoi l’urine est-elle le meilleur des engrais organiques universels ? 

– Comment l’utiliser concrètement pour votre potager ou votre jardin ? 

– Quels risques de l’utilisation de l’urine au potager ? 

– Est-ce que mon jardin sentira la pisse ? 

– Quels résultats de l’utilisation de l’urine pour des cultures (en pleine terre et en pot) ?

– L’urine est un excellent engrais : faut-il pour autant l’utiliser en sol vivant ? Quels “effets secondaires” potentiellement indésirables ?

– Et puis une conclusion-synthèse, pour les plus pressés !

 

Alors…

… Si vous êtes frais et dispo… Allons-y !

Note : Plusieurs points de cet article sont basés sur le très bon livre “l’urine, de l’or liquide au jardin” de Renaud de Looze. Mais, l’article ne se limite pas à ce que j’ai trouvé dans le livre… (Ceux qui l’ont lû, vous vous en rendrez compte). Le livre ne répondait pas à plusieurs de mes questions, ou était trop vague (pour moi, en tout cas) sur d’autres : j’ai donc mené des recherches supplémentaires, et je vous compile toutes mes découvertes et analyses ici. On apprend donc en même temps ! C’est le but de mon blog, ne l’oublions pas !

I. Qu’est-ce qui fait de l’urine un excellent engrais ? 

 

A. Mais tout d’abord, qu’est-ce qu’un engrais, en fait ?

engrais du jardin

Un engrais, c’est une “matière” qui va libérer rapidement (ou même directement, pour certains) une bonne quantité de nutriments essentiels assimilables directement par les plantes. On trouve par exemple :

  • les engrais chimiques (parfois appelés fertilisants) : exemple : engrais tomates et légumes d’acti-sol, algoflash, et autres marques (on les trouve souvent sous forme de granulés ou liquides)… ou les engrais pour plantes en pots (on les trouve parfois en bâtonnets, ou liquides)
  • le sang desséché (un engrais organiques naturels riches en azote); 
  • le guano de poisson (un engrais organique riche en phosphate);
  • la vinasse de betterave (un engrais organique riche en potasse)

 

Un engrais est utilisé dans le but de nourrir rapidement les plantes.

 

((Il existe toutefois une différence importante entre des engrais chimiques (appelés aussi “fertilisants”), et des engrais organiques : 

 

  • Les engrais chimiques diffusent des nutriments (NPK,…) solubles dans la terre, assimilables directement par les plantes (après arrosage ou pluie) via la capillarité (des micro-trous) de leurs racines. 

L’assimilation est “automatique” lorsque le pH du sol est correct.

La chimie de ces fertilisant les rend directement assimilables. 

Dans la nature, ça n’existe pas.

C’est, par exemple, les petits bâtonnets verts que vous plantez dans le pot de votre plante d’intérieur. Et ça existe aussi sous forme liquide.

 

  • Les engrais organiques, doivent être “digérés” par les micro-organismes du sol, afin de pouvoir libérer dans le sol les nutriments nécessaires aux plantes. Et c’est le cas de l’urine ! Il doit être “digéré” par les organismes du sol, pour que son azote puisse être directement assimilable par les plantes. Cette digestion est relativement rapide : elle se fait en moyenne en 15 jours au printemps, et une semaine en été (il fait plus chaud). 

Voici comment cette transformation se passe, pour les curieux :

la décomposition de l'urine au jardin en tant qu'engrais

(Capture d’écran de Wikipédia, vous l’aurez remarqué)

 

Puis, le NH3 (ammoniac) est converti en NH4+ (Ammonium, directement assimilable par les plantes) via un échange acide-base (de Bronsted) grâce à l’action des micro-organismes du sol. – Merci à Raphael, chimiste, qui m’a contacté pour préciser cela.

 

En résumé, cela donne : 

 

Urée — eau → Ammoniac (NH3) —réaction acide-base grâce à l’action des micro-organismes—> NH4+ (Ammonium) → assimilation par les plantes (en gros, car une partie du NH4+ est ensuite transformée en nitrites puis nitrates avant d’être assimilée par les plantes)

 

le cycle de décomposition de l'urée de l'urine en engrais

La transformation évoquée plus haut

Note sur les engrais organiques et l’assimilation des nutriments par les plantes :

Je pensais que les substrats dans lesquels de la “matière organique digérée” était présente (compost mûr, fumier composté, …) permettaient aux plantes d’obtenir des nutriments directement assimilables : il s’avère que ce n’est pas si simple : “l’azote contenu dans les matériaux composté est peu disponible, à court-terme, pour les plantes. […] Cet élément est présent, mais il se relâche tout doucement sur plusieurs années. 10% seulement de l’azote d’un compost sera disponible la première année” (bien que je ne comprenne pas bien ce phénomène (si quelqu’un est calé sur la question, qu’il n’hésite pas à mettre une explication dans les commentaires)). (Source : l’urine, de l’or liquide au jardin)

Une exception : les fientes de volailles compostées libèrent rapidement une part importante de leur azote (source : l’urine, de l’or liquide au jardin).

Pour bien comprendre ce qu’est un engrais, il faut le différencier de l’amendement.

Je vous explique cette différence dans cette section :

 

Un amendement, c’est un matériau qui va libérer (relativement) lentement des nutriments dans le sol – qui seront ensuite – directement assimilables par les plantes.

 

Exemple de matières organiques considérées comme “amendement” : 

 

  • Amendement organique : Déchets de cuisine, foin, tontes, brf, paille, fumier, … (utilisé pour couvrir et nourrir le sol)
  • Amendement minéral : argiles, dolomie, basalte, … (utilisé dans un but d’amélioration de la structure du sol)

 

Cette libération (potentielle) de nutriments se fera au fur et à mesure de la “digestion” de ce matériau par les micro-organismes du sol (comme pour les engrais organiques).

 

 

 

La différence qui fait qu’un matériau d’amendement n’est pas un engrais, c’est :

 

  • Qu’il met trop de temps (trop de temps pour être appelé engrais) à être digéré par les micro-organismes du sol (et donc il met trop de temps à libérer des nutriments directement assimilables par les plantes) : 

Exemple : le foin est riche en nutriments, mais il met bien plus de temps à être “digéré” par les micro-  organismes que le sang désseché !

 

  • Et (éventuellement) qu’il ne contient pas assez de nutriments potentiellement libérables pour les plantes (il n’est pas assez riche) : le carton, par exemple, ne contient presque aucun nutriment utile aux plantes.

 

OU

 

  • Qu’il est uniquement utilisé dans un but d’amélioration de structure du sol (amendements minéraux)

 

Par contre, l’amendement a un avantage que n’a pas l’engrais. Un avantage qui sert aussi d’ailleurs à les différencier : 

 

  • Un amendement digéré donne de l’humus !

 

La création de cet humus est d’ailleurs liée (pas exactement, mais pour faire simple) au fait que ces matériaux mettent plus de temps à être digérés, décomposés, par les micro-organismes du sol.

 

Ces matériaux contiennent en effet beaucoup de carbone ! (Et ont un ratio C/N bien plus élevé que les engrais).

 

Le carbone, c’est de la matière !

 

Ça prend plus de temps à être décomposé, mais une fois décomposé, ça donne de la matière : de l’humus ! 

 

Dans la majorité des cas : plus un matériau a un ratio C/N élevé, plus il est lent à décomposer, mais plus il crée d’humus, une fois décomposé !

 

Au contraire : un matériau au ratio C/N faible, se décomposera plus vite, mais donnera au final moins d’humus (il y a + de N et –  de C, et le N “disparaît” (matériellement) une fois la digestion terminée).

 

Et… C’est en fait (comme déjà dit) majoritairement la vitesse de décomposition du matériau (ainsi qu’une richesse minimale requise) qui va déterminer sa classification en tant qu’engrais ou amendement. 

 

Ainsi, il existe, d’après l’auteur de “l’urine, de l’or liquide au jardin”, une classification engrais/amendement portant sur le rapport C/N (qui, on l’a dit, est majoritairement lié à la vitesse de dégradation du matériau en question) : 

  • un engrais organique est appelé comme tel si son rapport C/N est inférieur à 4
  • un amendement organique est appelé comme tel si son rapport C/N est supérieur à 8

 

Note : J’ai quand même un souci avec cette définition : la corne broyée, par exemple, est difficilement “casable” dans l’une ou l’autre de ces catégories : son rapport C/N est de 3, mais sa dégradation (et la libération de la grande quantité d’azote qu’elle contient) est lente (voici une exception de l’énonciation “rapport C/N petit = rapide à être digéré !”), et se fait sur plus d’une année. (La libération lente de l’azote de la corne broyée est due au fait que l’azote est sous forme de protéines complexes, majoritairement de la kératine. Assez complexe à détruire, d’où un temps long pour sa libération.) – Merci à Raphael, chimiste, qui m’a précisé cela, une nouvelle fois.

 

Mais bon, bref, j’espère quand même que c’est assez clair, et que vous comprenez mieux ce qu’est un engrais après l’avoir différencié d’un amendement.

Sources de cette première partie : nombreuses et diverses, difficiles de les citer : un ensemble de livres et d’articles de blogs sérieux, pour faire converger les informations.

B. Quelle est la composition de l’urine ?

la composition NPK de l'urine

1 litre d’urine contient en moyenne 6g d’azote (N), 1g de phosphate (P2O5), et 2g de potasse (K2O) (source : l’urine, de l’or liquide au jardin)

 

L’urine a donc un ratio N-P-K de 0,6-0,1-0,2

 

(Les valeurs de ce ratio sont en grammes pour 100 grammes de matière, et 1 litre = 1000 grammes).

 

Et je rappelle que le rapport C/N de l’azote est de 0,8.

 

C. En quoi l’urine est-elle un excellent engrais ? 

l'urine est un excellent engrais 

Une étude (https://stud.epsilon.slu.se/6456/7/nachmansohn_j_140320.pdf) a examiné un grand nombre de plantes et d’études (c’est donc une méta-étude), et a conclu qu’un bon ratio NPK moyen est de 3-1-2,5. 

Ce qui correspond à 3, 1, et 2,5 grammes de nutriments pour 100 grammes d’engrais.

 

Comme vu précédemment, 1 litre d’urine contient en moyenne 6g d’azote (N), 1g de phosphate (P2O5), et 2g de potasse (K2O).

 

L’urine est donc assez proche du “ratio idéal”. 

 

Sa richesse supplémentaire en azote, en fait, selon plusieurs sources (“l’urine, de l’or liquide au jardin”, notamment), un engrais “starter” idéal pour le début de printemps. (On précise ça à la fin de l’article)

 

L’urine est donc un excellent engrais, bien que pas totalement parfait en toutes conditions : il est un peu trop azoté pour cela (ou pas assez riche dans les deux autres nutriments) par rapport au “ratio parfait” cité plus haut.

 

En tant qu’autres engrais naturels rapides : il y a le sang desséché (azoté), le guano de poisson (phosphaté), la vinasse de betterave (potassé), … et pas beaucoup d’autres..

 

Et… il se trouve que, par rapport à notre “ratio idéal”, c’est l’urine qui est le plus proche !

 

  • Le sang desséché ne contient que de l’azote : NPK = 13 – 0 – 0 
  • Le guano de poisson est beaucoup trop riche en phosphate pour un engrais universel
  • La vinasse de betterave, riche en potasse, est, elle aussi, trop déséquilibrée pour une utilisation en engrais universel.

 

L’urine n’a donc pour seul “concurrence” que les engrais chimiques du commerce.

 

Et si on peut éviter ces engrais chimiques, surtout si on en a un naturel sous la main, alors on évite !

 

Et puis… l’urine ça coûte quand même moins cher… vu que ça ne coûte rien !

 

Il. Comment utiliser concrètement l’urine au jardin ou en pot ? 

 

A. Deux méthodes d’application de l’urine comme engrais au potager 

 

Il y a deux méthodes idéales d’utilisation, développées (après nombreuses expérimentations) par Renaud de Looze, l’auteur de “l’urine, de l’or liquide au jardin” : 

Méthode 1 : Fertilisation de fond

Pour une application en culture de pleine terre. Idéal pour les débutants, et ceux qui ne veulent pas trop se “prendre la tête”. (C’est aussi ma préférée).

 

On versera entre 1 et 5 litres d’urine par mètre carré, en une fois, deux semaines avant plantation.

 

La quantité d’urine optimale à verser dépendra du type de plante cultivée : 

 

  • 1 litre par mètre carré pour les cultures faiblement gourmandes (salades, radis, …)
  • entre 2 et 3 litres par mètre carré dans la majorité des cas
  • 5 litres par mètre carré pour les plantes exigeantes cultivées sous abri

 

Étapes à suivre :

1. Apporter au sol un amendement de 1 litre (500g) de compost par litre d’urine (en fonction, donc, de la quantité d’urine que vous avez prévu de verser sur ce sol, selon ce qui est écrit juste au-dessus).

 

Pourquoi ?

 

  • Cet apport de compost a pour but de favoriser le développement de la faune du sol, qui permet la transformation de l’urine en azote assimilable par les plantes. 

 

Selon Guylaine Goulfier notamment, dans son livre “la révolution du potager”, le compost doit en effet majoritairement être considéré comme un “levain” contenant une grande concentration de micro-organismes du sol de type divers. Ce “levain” pourra servir de “starter” de redémarrage de la vie microbienne au début du printemps. Cette vie microbienne, on l’a dit, servira notamment à la transformation de l’urine en azote assimilable par les plantes.

 

  • Cet apport de compost sera aussi un complément en éléments phosphate et potasse, qu’il libérerait plutôt rapidement (selon Renaud de Looze) : permettant, vous le voyez arriver, de se rapprocher finalement (grosso-modo) de notre “ratio idéal” vu plus haut.

 

  • La présence du terreau absorbe les odeurs de l’urine

2. Verser la totalité (en une seule fois) de l’urine non diluée

3. Attendez 2 semaines

4. Plantez vos plants

5. Faites comme d’habitude (ne fertilisez plus à l’urine) : exception : vous êtes un jardinier expérimenté qui a détecté une carence d’azote dans le temps après plantation, et vous souhaitez la corriger → Suivez alors la méthode 2 (ci-dessous). 

Si vous vous demandez pourquoi cela est réservé aux jardiniers expérimentés, la dernière partie de l’article vous éclairera peut-être.

 

Point négatif de la méthode 1 : nécessite un stockage de l’urine (on pourra utiliser de simples bidons hermétiques).

Méthode 2 : Fertilisation d’entretien

 

Cas de culture en pleine terre :

1. Apporter au sol un amendement de 1 litre (500g) de compost par litre d’urine prévue : prévision du litrage d’urine à faire selon le type de culture, comme expliqué à l’introduction de la méthode 1, même si l’application est en plusieurs fois.

2. Diluer 20 fois l’urine

3. Appliquer l’urine diluée toutes les 2 semaines (la première application peut se faire avant plantation, juste après plantation, ou même bien plus tard si vous cela se révèle nécessaire (je rappelle que vous êtes ici un jardinier expérimenté !))

4. Arrêter les applications d’urine 4 semaines avant la récolte

Cas de culture en pot :

1. Avoir un bon support de culture (une bonne “terre”) dans votre pot.

  • Si vous démarrez une culture en pot, utilisez un mélange moitié-moitié terre du jardin et compost mûr (Damien Dekarz, dans son livre “la permaculture mois par mois au jardin” préconise du 40% terre du jardin et 60 % compost mûr pour un terreau, mais on peut arrondir pour plus de simplicité, ça ne changera rien). 

 

  • Si vous avez déjà cultivé dans le pot en question, ajoutez 2 à 3 cm de terreau en surface, ou 1 tiers en mélange.

2. Diluer 20 fois l’urine

3. Appliquer l’urine diluée toutes les 2 semaines

Dosage pour les plantes en pot : arrêter simplement de verser à l’apparition du liquide qui coule en bas du pot, dans la soucoupe. 

(Ici, on est dans un dosage qui correspond à la majorité des plantes.)

4. Arrêter les applications d’urine 4 semaines avant la récolte

Points négatifs de la méthode 2 : 

  • les “risques” de cultures sous “perfusion” d’azote (voir suite de l’article)
  • des réserves personnelles au sujet de plantes en pot d’intérieur : l’odeur ?
  • moins facile qu’une application en une seule fois

 

Précaution importante à l’application des deux méthodes : une alimentation sans excès de sel est nécessaire. C’est-à-dire une alimentation contenant le taux moyen de sel consommé par un individu moyen (je vous laisse faire vos recherches si vous voulez être sûr et certain que vous êtes dans la norme). 

Dans le doute, vous pouvez vous mettre à utiliser du “sel de régime”, ce qui enlève tout risque. 

 

 

Didier Helmstetter, sans citer cette méthode d’application, suggère de ne pas se prendre la tête avec ces stratégies d’application : il remarque simplement que, dans la nature, les animaux rejettent de l’urine pure, et ça ne fait pas de mal aux plantes, au contraire. 

La seule “prescription” est de ne pas toujours uriner sur les mêmes plants, comme le font les animaux.

 

Cette logique se retrouve avec un résultat d’étude effectuée au Burkina, ou de l’urine pure est appliqué sur les plantes (doit s’ensuivre un bon arrosage), sans suivre les méthodes expliquées plus haut, mais en suivent une méthode (qui a été pensée) tout de même. Voici les méthodes d’application recommandées :

quantite d'application d'urine comme engrais pour le jardin

Comme Didier Helmestetter, vous pouvez décider de ne pas vous prendre la tête, et d’uriner, de temps en temps, aux pieds de vos plantes (en privilégiant si-possible les plantes nitrophiles (qui aiment l’azote) : cucurbitacées, aubergines, …).

 

Ou alors, suivre un des trois protocoles d’application.

 

Dans ce cas-là, dans le doute, suivez préférentiellement un des protocoles de Mr de Looze, qui a été développé en climat français.

Robin

Robin

Nous sommes au printemps 2020. 

Confiné chez moi, je démarre mon premier potager en permaculture.

Je rêve de tomates énormes. De courgettes à ne plus savoir qu’en faire. 

Je rêve déjà de leur goût, si unique, d’autosuffisance. 

Pour me former, j’achète un livre simple et accessible. Et je surf sur les blogs.

Je me mets à appliquer les “recettes du succès” d’un potager productif.

Mes plants poussent. Grandissent. Tout se passe à merveille. Quel pied ! Tout est si simple !

Mais, à l’orée du bois, le fiasco m’attendait.

Des tomates minuscules. Des courgettes dévorées. Des plants de pommes de terre à la production ridicule, puis attaquée de toutes parts. 

Déception. Découragement.

POURQUOI ça n’a pas fonctionné ? J’ai suivi les consignes à la lettre ! 

C’est un peu lourd, parfois. Mais je n’accepte pas, de ne pas comprendre. Une sorte de curiosité insatiable.

Je me suis alors lancé dans une sorte de "périple". 

Le périple du POURQUOI.

Comment faire en sorte d’être sûr que des informations données, trouvées çà et là, fonctionnerons pour nous ? 

Pour plusieurs sujets types, j’ai fait mes recherches :

On dit que le marc de café est un superbe engrais : POURQUOI ? Vérifions.

On dit que les coquilles d'œufs empêchent les limaces d’attaquer nos plantes ? POURQUOI ? Vérifions.

On dit que …

À force, j’ai fini par comprendre ce qui avait fait défaut, lors de la création de mon premier potager : je n’étais pas allé dans le fond des choses. Je ne m’étais pas demandé POURQUOI à chaque affirmation, à chaque “recette de la réussite”. 

Et donc, à l’époque, je ne m’en étais pas rendu compte : certaines de ces affirmations étaient fausses (le marc de café, les coquilles d’œufs), d’autres trop peu précises (rendant les erreurs possibles), d’autres encore, étaient trop dépendantes d’un contexte d’utilisation.

J’ai donc fini par comprendre POURQUOI mon potager avait été un fiasco.

Mais surtout, j’ai tiré de cela une leçon. Une méthode, pour enfin être sûr de chacune de mes actions, de chacun de mes choix au potager. D'avoir, enfin, cette confiance.

Cette méthode est simple : 

1- J’ai un problème récurrent au potager, et je cherche une information vraie et fiable à ce sujet.

2-Sur cette question, j’oublie tout ce que je sais déjà (ou ce que je pense savoir)

3-Je rassemble le maximum de sources sûres et solides pour y répondre (articles scientifiques, livres sérieux, organismes d'autorité (INRA), …)

4-Je compare les informations de ces sources, et tente de remarquer des concordances majeures, des "unanimités".

Lorsque ce n’est pas le cas, je le mentionne, pour le garder à l’esprit

Je note mes sources

5- Je synthétise, et j'en tire l'essentiel

Ce que je vous propose, avec ce blog, c’est avancer ensemble à ce niveau.

Avancer ensemble vers la démystification du potager.

Avancer ensemble, vers la construction de bases théoriques saines, solides, et parfaitement claires.

Je vous partage mes questionnements actuels, mes recherches, et mes résultats.

Pour, ensemble, que nous arrivions à construire notre potager productif, autonome, et résilient. 

Tout en comprenant POURQUOI cela fonctionne.

Je ne suis pas expert en agroécologie. Je ne suis pas maraîcher professionnel.

Mais je prends beaucoup de plaisir à aller chercher, trier, regrouper, et synthétiser, les meilleures informations existantes. 

Pour répondre, une bonne fois pour toutes, aux questions que l’on se pose tous.

Vous êtes ici sur mon blog, “Springday, Le Potager du Pourquoi”.

Et je vous souhaite une agréable lecture 😉

Les Formations

Des condensés d'informations uniques,

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Les plantes à avoir au jardin : les plantes pour héberger les auxiliaires, les plantes à effets répulsifs pour les "ravageurs" (Limaces, Pucerons, Rongeurs, ...)

Vos informations ne seront jamais soumises à un tiers. Suite à votre inscription, je vous donnerais, un jeudi une fois tous les 15 jours, des nouvelles de mes avancées, et des conseils, voir le partage d'un film, ou d'un poème. Si, pour une raison quelconque, vous ne souhaitez plus recevoir mes messages, vous pourrez vous désabonner en un clic, via un bouton présent en bas de chaque email. Voir la Politique de confidentialité.

B. Urine et BRF : un duo gagnant ? 

le brf et l'urine fonctionnent très bien ensemble

Dans son livre, Renaud de Looze partage une expérimentation faite par Jean Paul Lang, ingenieur en agriculture : 

 

Améliorer rapidement une terre très argileuse en mulchant avec une grosse quantité de BRF (bois raméal fragmenté), associé à un épandage régulier d’une grande quantité d’urine diluée. 

 

Le BRF a la particularité d’être très riche en carbone (rapport C/N entre 50 et 150 (comme la paille)) : 

  • Il met du temps à se faire dégrader par les organismes du sol
  • Apporte peu d’azote au sol (au contraire, il en vol au sol, car les micro-organismes ont besoin d’azote pour décomposer du carbone, azote qu’ils vont piocher dans le sol)
  • Mais crée beaucoup d’humus : entre 220 et 300 kg par tonne (contre 120 kg par tonne pour la paille et le foin) selon Didier Helmstetter dans “le potager du paresseux”).

 

C’est cette dernière propriété que Mr Lang a voulu exploiter : créer de l’humus, rapidement et en quantité, par-dessus son sol hyper argileux.

 

Le problème, comme on le comprend vite, va être la déficience en azote qui va se créer dans le sol, du fait de la digestion du BRF par la vie du sol. 

 

C’est pour pallier à cela que l’urine a été utilisée ! 

 

Pour contrebalancer le mulch ultra-carboné utilisé (et donner de l’azote à la vie du sol pour permettre sa décomposition), Lang a utilisé la méthode 2 citée précédemment, mais en doublant voir triplant la dose recommandée. 

 

Malgré des débuts de potager peu productifs (prévus), une grande quantité d’humus a vite été créée : 

  • fin 2015, après quelques années de culture classique avec simples apport de compost, la couche d’humus n’était que de 10 cm. 
  • le BRF a commencé à être appliqué début 2016 : 2 m^3 de BRF pour 28 m^2 de potager
  • fin 2016 la couche d’humus était déjà de 20 cm (mais la récolte sur 2016 a été, comme prévu, plutôt mauvaise)
  • début 2017, du BRF a continué à être épandu en quantité de 1,5 m^3 
  • fin 2017, la couche d’humus était de 30 cm ! Une couche d’humus alors bien suffisante pour reprendre une méthode de culture plus “traditionnelle” et favorable à la productivité des plantes.

 

III. Quels résultats de l’utilisation de l’urine au jardin ? 

 

Dans le livre de Renaud de Looze, se trouvent plusieurs photos présentant visuellement les résultats de tests de culture de plantes en pot sous “fertilisation“ à l’urine, ou non.

 

Je n’intègre pas ces images ici car il me semble que cela est soumis au droit d’auteur, mais sachez que les résultats sont visibles à l’œil : les plantes en pot arrosées régulièrement (méthode 2) à l’urine sont bien plus développées que celles non “fertilisées” à l’urine. De même pour la production de légumes associée, plus importante, ainsi que la précocité de ces productions (bien visibles avec une comparaison de plants de fraises).

 

J’ai trouvé un article sur un ensemble d’études de l’utilisation de l’urine sur cultures en Afrique (dont est tiré le tableau plus haut). Voici, un regroupement de résultats (visuels et chiffrés) obtenus : 

rendement de l'urine en engrais
rendement de l'urine comme engrais pour les plantes
rendement de l'urine en engrais
rendement de l'urine en engrais
rendement de l'urine en engrais

Source : http://archive.sswm.info/sites/default/files/reference_attachments/RICHERT%20et%20al%202010%20Practical%20Guidance%20on%20the%20Use%20of%20Urine%20in%20Crop%20Production-FRENCH.pdf 

 

On remarque une augmentation des rendements assez impressionnante !

 

(Cette augmentation des rendements pouvait commencer à être devinée lorsque l’on a vu que le “ratio idéal” NPK était approché par l’urine)

 

Maintenant que le tout-beau a été évoqué, évoquons les points potentiellement négatifs de l’utilisation de l’urine au jardin :

 

IV. Quels risques directs de l’utilisation de l’urine au jardin ? 

 

  • Le premier risque auquel on peut penser, c’est le dépôt de sel (contenu dans notre urine) dans la terre de notre jardin, et pour nos plantes. Quel risque à cela ?

 

Le sel, à forte dose, est en effet nocif pour la vie du sol, ainsi que pour les plantes (il provoque un “dessèchement” par osmose de toute matière vivante (contenant de l’eau) : pour plus d’info sur ce phénomène, je vous invite à lire cet article (https://springday.fr/controle-limaces/controle-des-limaces-les-methodes-a-eviter/le-sel-contre-les-limaces/ )

C’est pour palier à ce risque de concentration néfaste de sel, que l’urine est soit déposée pure mais de manière très espacée, soit diluée. 

 

Mais, il faut savoir que le sel (chlorure de sodium) n’est pas que néfaste ! Un minimum de chlorure de sodium est même nécessaire à la vie du sol. 

De plus, cela a été testé, les plantes arrosées avec une urine reconstituée sans sel, poussent moins bien (et leur production est moins précoce) que les plantes arrosées à l’urine reconstituée avec la quantité de sel habituelle. 

 

  • l’urine peut -elle “brûler” les plantes ? 

 

Oui, et c’est lié au point précédent ! C’est pour cela qu’on dilue l’urine, ou qu’on fait des apports espacés dans le temps. Par contre, “brûler” n’est pas le terme exact… 

 

  • L’urine ne risque pas de sentir mauvais ?

 

Lorsqu’elle est versée dans un sol aéré et vivant, il y a  très peu de risque d’odeur, selon l’auteur de “l’urine, de l’or liquide au jardin”.

 

Si vous souhaitez la conserver : pour conserver de l’urine sans odeur : dans l’objectif d’une application de la “méthode 1” vue précédemment, par exemple :

-> Ajouter une cuillère à soupe de vinaigre par litre d’urine fraiche : cela permet d’empêcher la dégradation de l’urine, et donc l’empêche de dégager des odeurs. Selon Renaud de Looze, cet ajout de vinaigre n’est pas du tout nocif pour les plantes et le sol par la suite.

 

  • Peut-on être malade si on consomme des légumes fertilisés à l’urine ?

 

L’urine secrétée par une personne en bonne santé n’est absolument pas toxique. Certains la boivent même directement ! (Urinothérapie)

 

“De plus, les plantes consomment par leurs racines des molécules qui ne sont pas toxiques pour nous.” (“l’urine, de l’or liquide au jardin”)

 

  • L’urine peut-elle contenir des résidus médicamenteux dangereux pour l’environnement ? 

 

“Il faut savoir que les amendements organiques favorisent la dégradation de la plupart des molécules de synthèse, comme les résidus médicamenteux.”

“Des essais récents ont montré que les résidus médicamenteux contenus dans l’urine de personnes sous traitement se dégradent au cours de leur minéralisation et sont éliminés à plus de 90% par l’emploi de charbon actif. […] À l’échelle d’une famille, l’emploi de compost au jardin permet d’obtenir des résultats équivalents”. (“l’urine, de l’or liquide au jardin”)

 

Donc, peu, selon cette source.

Selon moi, il vaudrait tout de même mieux ne pas utiliser son urine si on est sous antibiotique ou autre traitement fort. Les molécules, on l’a dit juste au dessus, ne se retrouverons probablement pas “dans” la plante et ses fruits, mais elles impacteront probablement la vie du sol : les antibiotiques, par exemple, sont des tueurs de bactéries !

 

Attention, donc. 

 

Sachez aussi -comme une vue de l’intérêt de recycler notre urine- que l’urine qui part avec la chasse d’eau de nos toilettes, ça a des conséquences :

          – Les stations d’épuration utilisent beaucoup d’énergie pour éliminer l’azote et le phosphore

          – Les médicaments et hormones traversent les stations d’épuration presque sans traitement 

 

  • Et pour les femmes ?

 

Il existe des “pisse-debout” et des arrosoirs-urinoirs ! Jetez un œil sur internet.

 

V. L’urine est un excellent engrais azoté : faut-il pour autant l’utiliser en permaculture/sol vivant ?

 

A. Les risques d’un apport d’engrais azoté

 

L’azote est le premier des éléments indispensable pour une plante. Lui en apporter en quantité, ça ne lui fera pas de mal, au contraire. 

 

Pas de mal direct, en tout cas…

 

Car de nombreux ravageurs sont préférentiellement attirés par les plantes ayant poussé avec une bonne quantité d’azote. 

 

Les pucerons, surtout, seront plus attirés par les plantes à la sève riche en acides aminés et protéines. Les plantes ayant poussé avec des engrais azotés, auront, justement, cette sève riche recherchée.

 

B. La fragilité d’une plante “sous perfusion” d’urine : l’engrais ou l’amendement, telle est la question…

 

l'engrais est une perfusion pour une plante

Dans la nature, une plante doit “se débrouiller toute seule”, pour trouver à manger (les nutriments dont elle a besoin).

 

Pour cela, elle va faire “l’effort” de tout mettre en œuvre pour s’approvisionner en quantité suffisante de nutriments : 

  • Elle collabore avec des bactéries et des champignons (réseaux mycorhiziens)
  • Elle développe des exsudats racinaires

 

Bref, elle est active, dans la recherche de son alimentation.

 

Imaginez maintenant une plante, à laquelle on donne, juste près de ses racines, tout ce dont elle a besoin : un engrais organique, de l’urine par exemple, rapidement transformé par des bactéries, fournissant profusion de nourriture, sans effort. 

 

La plante ne va pas s’embêter à aller collaborer avec des champignons, ou développer de nombreux exsudats racinaires (ça lui prend de l’énergie).  

 

Elle va simplement capter ce qu’on lui donne (qu’elle en ait besoin ou non, d’ailleurs). Elle va se gaver.

 

Ensuite, il n’y a pas 36 solutions, pour le jardinier qui veut profiter de la production de cette fameuse plante : 

 

  • Soit il continue à lui déposer de l’engrais, et elle continuera sa vie de feignasse…Mais donnera une bonne production tout de même.

 

  • … Soit il arrête, et elle est vite comme perdue dans la jungle de la “vraie” vie : et oui ma grande, maintenant c’est à toi de chercher à manger ! 

Elle risque de ne pas apprécier ce chamboulement. Et la récolte pourrait s’en faire ressentir.

 

Une entrée dans ce type de “nourrissage” de vos plantes, crée donc une dépendance sur la saison.

 

Cet apport régulier d’engrais, vous donnant des “résultats faciles” risque aussi de vous laisser négliger quelque chose d’essentiel : la vie du sol, et son état.

 

Et notamment, la production d’humus, qui a de nombreuses propriétés essentielles, que ne pourra pas combler un apport d’engrais : l’humus apporte une amélioration chimique, physique, et biologique du sol, à long terme. 

 

Malgré tout, vous allez me dire – et vous avez raison- que les résultats des images et tableaux précédents sont éloquents. 

 

Si les résultats de cultures en pot ne sont pas pertinents à comparer avec un potager de pleine terre (la vie du sol n’y a rien à voir), il en est autrement pour les résultats de culture avec urine en pleine terre, justement :

 

Pourtant, une question majeure se pose : 

 

Quel était justement l’état de ce sol lors de ces cultures ? 

 

En effet, sur un sol mort ou épuisé, une culture sans engrais donnera une productivité très faible.

 

Ce ne sera pas le cas pour une culture en terre vivante.

 

Je sais…

 

Vous allez dire que j’exagère…

 

Et que je ne vois que le mauvais côté des choses. 

 

Disons que je m’applique à tenter de confronter les points de vue, comme on pourrait l’entendre au “bar des jardiniers”, en tendant l’oreille.

 

Pour que vous puissiez, vous aussi, vous faire votre propre point de vue.

 

Voyons maintenant comment l’urine peut être intégrée en jardinage en sol vivant.

 

C. L’urine comme “starter” (activateur de vie?) printanier, pour contrer le principal défaut du paillage

 

urine en engrais et paillage 

 

Vous jardinez avec un paillage. 

 

Vous avez conscience de l’importance de la santé de la vie de votre sol.

 

Mais, vous vous demandez, si, quand même (et malgré ce que l’on a dit au-dessus), il n’y aurait pas une utilisation intéressante de l’urine pour votre potager de pleine terre ?

 

Oui, il y a une ! 

 

Lorsque nous paillons avec un mulch censé nourrir le sol puis les plantes, il faut savoir que l’azote de ces matières organiques, données en nourriture au sol, peut rester “bloquée” dans ces matières organiques en question (l’azote reste bloquée dans les matières organiques tant qu’elles n’ont pas été décomposées par les micro-organismes du sol). 

 

Et même lorsque ces matières sont décomposées d’ailleurs, comme déjà évoqué, l’azote met parfois du temps à être libéré pour les plantes.

 

Un des seuls problèmes du paillage, c’est qu’il maintient le sol froid plus longtemps, au printemps, lorsque les premiers plants peuvent être mis en terre. 

 

Ce froid implique une activité réduite des micro-organismes décomposeurs du sol (elle est même stoppée en dessous de 14 degrés).

 

Ainsi, la décomposition du mulch de surface, censé fournir aux plantes l’azote nécessaire à leur poussée, se fait lentement. Les plantes prennent alors du “retard”. (Source de ces propos : “le potager du paresseux de Didier Helmstetter”).

 

C’est ici, à ce moment-là, que l’application d’un engrais azoté peut être une bonne idée. C’est à ce moment-là, que Didier Helmstetter urine sur ses cucurbitacées. 

 

On appelle d’ailleurs ces engrais azotés, comme déjà évoqué, des engrais “starters”, ou des engrais “printaniers”.

 

J’y vois ici un réel intérêt à l’utilisation de l’urine, et notamment selon la méthode 1 de Renaud de Looze. (de plus, cette “fertilisation de fond”, appliquée une fois dans la saison, ne devrait pas créer de dépendance-à-engrais pour les plantes).

 

Aussi, et plus généralement, il faut savoir que dans la terre d’un jardin, on trouve souvent la majorité des nutriments essentiels aux plantes…

 

… Mais, le seul nutriment qui vient parfois à manquer aux plantes, c’est l’azote : 

Malgré des apports nombreux, il peut être lessivé facilement, et s’évaporer sous forme gazeuse, entre autres… 

 

Un apport raisonné externe d’azote peut alors se retrouver intéressant. 

 

Source de ces derniers propos : https://www.gardenmyths.com/soil-testing-npk/ 

 

l'urine en engrais au jardin

 

Conclusion :

 

L’urine est probablement le meilleur engrais naturel organique universel, avec son ratio NPK proche du “ratio idéal” d’un engrais universel.

 

Pour l’utiliser en jardinage, plusieurs méthodes d’application, assez précises, ont été établies. Et vous pouvez les mettre en application assez facilement.

 

Les risques d’application de l’urine en engrais sont faibles, voir inexistants… et les résultats obtenus sont assez remarquables.

 

Et en plus, vous recycler ce qui peut polluer !

 

Malgré tous ces excellents aspects, on pourra se questionner sur la fréquence d’utilisation de ce superbe engrais, pour ne pas entrer dans un schéma de dépendance des plantes… Schéma qui s’oppose à la vision d’un jardin vivant, autonome, et résilient.  

 

Mais, même en sol vivant, selon une utilisation raisonnée et réfléchie, l’urine peut avoir de véritables intérêts : en tant qu’engrais “starter” de début de saison, par exemple, quand le sol est encore un peu froid, que la vie microbienne peine à se mettre en ébullition, et que l’azote manque donc à un sol lessivé par les pluies hivernales.

 

urine jardin engrais

Merci d’avoir pris le temps de lire 😊, j’espère que cet article vous aura intéressé et appris des choses que vous pensez utiles. N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez dans les commentaires, je suis à l’écoute de tout ce que vous aurez à me partager, car cela ne peut qu’enrichir ce document. Faites-moi parvenir vos idées, je compléterai cet article avec plaisir, afin qu’il soit le plus complet possible.

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23 Commentaires

  1. V:-)lérie

    J’ai toujours une vieille poêle dans mon potager 🙂 … Pratique pour récolter puis déposer dans l’arrosoir 😉

    Réponse
    • Robin

      Ahahah pas mal ! Bonne idée 😉

      Réponse
      • Renaud de Looze

        Si tu le souhaites on pourrait faire une interview sur les questions et bémols que tu évoques

        Réponse
        • Robin

          Avec grand plaisir ! 😊

          Réponse
  2. carreras françoise

    excellent article très complet, depuis un an j’ai acheté un arrosoir lyonnais qui permet à une femme de faire pipi dedans, je rajoute environ 5 l d’eau (valeur d’une chasse d’eau que je ne tire plus) économies sur toute la ligne, et plantes en pots en pleine forme

    Réponse
    • Robin

      Merci !
      Et merci pour l’astuce de l’arrosoir lyonnais ! 🙂

      Réponse
  3. Saintignan

    Merci pour cet article éclairant, mais je me pose une question: je suis en Bretagne où il y a un groupe de “pisseurs” bien actifs. Il s’avère que dans la région où je suis, tout le monde a les urines particulièrement chargées en glyphosate. Peut-il y avoir une incidence négative à utiliser cette urine?

    Réponse
    • Robin

      Merci !
      Bonne question, et il est très difficile pour moi d’y répondre : tout dépend du taux de glyphosate que peut contenir ces urines : si ce ne sont que des traces, peut-être que cela n’a aucun effet ? Difficile de vous répondre précisément, tout dépend de la concentration 🙂

      Réponse
  4. Blairon

    Article intéressant que je vai mettre en application dans mon jardin

    Réponse
    • Robin

      Merci !
      N’hésitez pas à nous tenir au courant de vos résultats dans les commentaires de cet article, dans quelques mois 😉

      Réponse
  5. Marie

    Merci pour le partage du résultat de ces recherches. Vous avez répondu à l’ensemble des questions que je me posais jusque là et qui l’empêchaient de me lancer. Je vais donc commencer à stocker cet or precieux pour une utilisation dès ce printemps… Résultats dans quelques mois 😉
    Encore un grand merci !🙂🙂🙂

    Réponse
    • Robin

      Merci à vous !! 😊

      Content que l’article vous ait plu

      Réponse
  6. olivierz

    bonjour, pensez vous utile, efficace d’uriner sur un stock hors sol de feuilles sèches ?
    je n’ai pas de toilette seche mais cherche a valoriser l’urine intuitivement (feuilles tassées dans un recup edp hors sol de 300 L) dans l’espoir de “stocker” de l’azote sur un volume de carbone et utiliser le résultat au jardin ou autour des arbres…
    merci pour votre article intéressant

    Réponse
    • Robin

      Bonjour, il me semble que dans un cas d’utilisation pour “boost de dégradation de matière organique carbonée”, l’urine peut en effet être une bonne idée (comme on l’a vu, les microorganismes ont besoin d’azote pour dégrader du carbone, et cela peut donc faciliter leur travail). Mais, la condition nécessaire à cela est la présence de micro-organismes : peut être auront-ils du mal à commencer à se nourrir de feuilles mortes coriaces entières : mieux vaut, je pense, les broyer dans un premier temps : puis, déposer l’urine dessus. Vous pouvez même y ajouter un peu de terreau (en tant que “levain”) ou de matière fraiche : bref, il faut recréer les conditions d’un compostage “classique” : l’urine ne sert qu’à faciliter ce processus, en nourrissant les organismes décomposeurs de l’azote dont ils ont besoin pour leur travail de digestion.
      J’espère que ça répond suffisamment clairement à votre question

      Merci à vous, content que l’article vous ait plu !

      Réponse
  7. LHOMME

    Je vous invite à venir me voir pour differencier ce que betise et intelligence sont.. Cela va vous mettre tres largement en cause car en plus j’ai travaillé avec plusieurs nobels…. et fais sur les terrains tant avec les vegetaux que les animaux ou les humains..

    Pour l’heure je vous plains d etre dans tant d’ignorances et tant d’innoscences

    Réponse
    • Robin

      Bonjour Jean-Marc, n’hésitez donc pas à nous éclairer de votre science, je suis absolument ouvert à la remise en question de mes propos (sous propos solidement sourcés, bien sûr).

      Vous ne devriez par contre pas abaisser “l’ignorance” : je pense que Socrate avait raison à ce sujet : savoir que l’on ne sait rien, avant d’aborder un sujet, est le meilleur des commencements à la construction d’un savoir véritable. Et puis, ne surtout jamais croire que l’on sait (il vaut mieux savoir que l’on croit).

      Réponse
    • Rousseau

      Vos prix Nobel ne vous ont pas appris la grammaire apparemment…
      Ils sont dans les villes et ne savent pas ce que c’est la nature, et ne peuvent donc pas en parler.
      Par contre moi qui pratique depuis des années, je peux vous dire que c’est efficace.
      Continuez donc avec vos têtes bien pleines… l’homme.

      Réponse
  8. Elisabeth Traxler

    Bonjour Robin,
    Merci d’avoir publié cet exccellent article. Je vis en Autriche et utilise mon urine en la diluant à raison de 1/10 dans mon jardin dès le mois de février. En particulier, je retourne 2 fois par mois mon tas de compost en m’assurant qu’il y ait des branches et brindilles pour faciliter les voyages des vers de terre et l’arrose généreusement d’un tel mélange. Ceci favorise, booste le processus de décomposition des feuilles et herbes. Je recouvre mes plantations de ce mélange, et ceci systématiquement, sur butte autant qu’en pleine terre. les résultats sont excellents.
    Je précise que j’habite à 80 km de mon jardin, donc je ne peux l’arroser plus de 3 fois par mois.
    Je souhaite que l’OMS, La FAO et les gouvernements de tous les pays prennent conscience de la valeur de l’urine et mettent en place des système de collecte ou d’utilisation de cet engrais naturel.
    Merci encore pour votre partage et bonne continuation,
    Elisabeth

    Réponse
    • Robin

      Bonjour Elisabeth, merci beaucoup pour ce partage d’expérience. Cette année, c’est aussi ce que j’ai fait, en appliquant la méthode 2 (je m’y suis pris trop tard pour appliquer la méthode 1). Les résultats sont très intéressants.
      En effet, les organismes public puissant devraient plus se pencher sur la question. Et notamment sur la question (non mentionnée dans l’article, mais il faut que je le rajoute) d’un effet potentiel d’accumulation de sel dans le sol, là où il ne pleut pas assez (pour en “rincer” le sol).
      Merci pour votre commentaire 🙂

      Bonne journée, et au plaisir de vous lire de nouveau sur le blog 🙂
      Robin

      Réponse
  9. Ziablik

    Troooop bien de vous avoir découvert Robin ! Continuez à nous enrichir de votre savoir et de votre humour. Seul bémol : j’ai du mal à quitter vos explications passionnantes et tellement fouillées et je ne vois pas le temps passer. Heureusement il me reste le jour pour mettre en pratique vos conseils. Merci de tout cœur !

    Réponse
    • Robin

      Merci beaucoup ! 😊

      Très heureux d’être votre lecture nocturen ahah 🙂

      Merci à vous de ce message, et de votre présence sur le blog !

      A bientôt,

      Robin

      Réponse
  10. François

    Petite piste: l’urine contient des phytohormone, d’où les “vieux” jardinier qui pissent sur leur boutures pour les enraciner (on ne pisse pas des hormones végétale pour le plaisir, ce sont juste nos propres hormones (bcp plus complexes) qui sont dégradées en hormones végétales (toutes “simplettes”)
    Voir ici: https://fr.wikipedia.org/wiki/Acide_indole_3-ac%C3%A9tique
    Et c’est vrai que j’arrive à faire fleurir mes aloe vera 2 fois par an en les arrosant à pisse (c’est vraiment loin d’être le plus facile des aloe le vera, et si vous voulez jouer à ça comme moi, il faut rajouter bcp de PK (bien chimique), les succulentes n’aiment pas trop l’excès d’azote) les phytohormones ne sont pas “que” des hormones de bouturage 😉

    Réponse
    • Robin

      Bonjour François, merci beaucoup pour ce complément d’information très intéressant ! C’est ce type de commentaire qui fait les articles riches !
      Bonne journée

      Réponse

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