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Que mangent les limaces et escargots, et comment jardiner avec eux ?

une limace qui mange une fleur de pissenlit

Beaucoup de jardiniers en permaculture luttent chaque saison contre des hordes de limaces affamées, qui dévorent le fruit de jours entiers de travail. Toutes les barrières anti limaces sont essayées, souvent en vain, les demoiselles sont ramassées, déplacées, re-ramassées, … re-re-re-déplacées…, le halo de votre frontale fouille les herbes, les cernes creusent votre visage…

Et si un aménagement du jardin, qui se base sur la connaissance de ce que mangent limaces, en conséquence et en prévention, permettait de résoudre le problème ?

C’est ce que j’essaie de mettre en avant dans cet article.

Mais, avant d’aller plus loin, je vous conseille de lire l’article en vignette ci-dessous. Ensuite, revenez à celui-ci.

Les plantes anti-limaces, la prévention par les plantes

I. Que mange une limace ? Quelles plantes préfère-telle ?

dégats limaces

1. Éviter les plantes que les limaces aiment manger : probablement la meilleure idée

Tout d’abord, si vous avez des problèmes récurrents avec les limaces, une des idées les plus simple et évidente à mettre en place, est d’éviter au maximum les plantes potagères qu’elles aiment beaucoup manger.

Car, si vous jardinez en permaculture, il est probable que votre jardin regorge de plantes diverses et variées, naturellement présentes (la plupart sont injustement appelées les « mauvaises herbes »). Si, pour les limaces, les plantes de votre potager ne sont pas plus attirantes que ce qui pousse naturellement dans votre jardin, il n’y a pas de raison pour qu’elles s’y concentrent, comme c’est souvent le cas.

2. Liste des plantes potagères qu’aiment beaucoup manger les limaces :

une limace mange une salade

Voici donc une liste des plantes potagères très sensibles aux limaces, que vous pouvez éviter de planter, si pour vous le printemps est synonyme d’explosion de population de limaces :

  • Basilic
  • Choux
  • Fraisier (les fruits)
  • Framboisiers (les fruits)
  • Haricots
  • Laitue en feuille (pommée et Boston)
  • Maïs
  • Soja
  • Salade verte
  • Plants de poivron
  • Jeunes plants de courges
  • Jeunes plants de courgettes
  • Jeunes plants de concombre
  • Haricots
  • Jeunes plants de céleri
  • Choux-rave
  • Feuilles de Radis
  • Asperges
  • Epinards

« Mais ils y sont tous !! … » allez-vous me dire. « Je ne vais quand même pas manger patates et tomates à tous les repas ! ». Oui, c’est vrai, c’est pour ça que je vous propose que l’on voit tout de suite des solutions à ce problème-là.

Robin

Robin

Nous sommes au printemps 2020. 

Confiné chez moi, je démarre mon premier potager en permaculture.

Je rêve de tomates énormes. De courgettes à ne plus savoir qu’en faire. 

Je rêve déjà de leur goût, si unique, d’autosuffisance. 

Pour me former, j’achète un livre simple et accessible. Et je surf sur les blogs.

Je me mets à appliquer les “recettes du succès” d’un potager productif.

Mes plants poussent. Grandissent. Tout se passe à merveille. Quel pied ! Tout est si simple !

Mais, à l’orée du bois, le fiasco m’attendait.

Des tomates minuscules. Des courgettes dévorées. Des plants de pommes de terre à la production ridicule, puis attaquée de toutes parts. 

Déception. Découragement.

POURQUOI ça n’a pas fonctionné ? J’ai suivi les consignes à la lettre ! 

C’est un peu lourd, parfois. Mais je n’accepte pas, de ne pas comprendre. Une sorte de curiosité insatiable.

Je me suis alors lancé dans une sorte de "périple". 

Le périple du POURQUOI.

Comment faire en sorte d’être sûr que des informations données, trouvées çà et là, fonctionnerons pour nous ? 

Pour plusieurs sujets types, j’ai fait mes recherches :

On dit que le marc de café est un superbe engrais : POURQUOI ? Vérifions.

On dit que les coquilles d'œufs empêchent les limaces d’attaquer nos plantes ? POURQUOI ? Vérifions.

On dit que …

À force, j’ai fini par comprendre ce qui avait fait défaut, lors de la création de mon premier potager : je n’étais pas allé dans le fond des choses. Je ne m’étais pas demandé POURQUOI à chaque affirmation, à chaque “recette de la réussite”. 

Et donc, à l’époque, je ne m’en étais pas rendu compte : certaines de ces affirmations étaient fausses (le marc de café, les coquilles d’œufs), d’autres trop peu précises (rendant les erreurs possibles), d’autres encore, étaient trop dépendantes d’un contexte d’utilisation.

J’ai donc fini par comprendre POURQUOI mon potager avait été un fiasco.

Mais surtout, j’ai tiré de cela une leçon. Une méthode, pour enfin être sûr de chacune de mes actions, de chacun de mes choix au potager. D'avoir, enfin, cette confiance.

Cette méthode est simple : 

1- J’ai un problème récurrent au potager, et je cherche une information vraie et fiable à ce sujet.

2-Sur cette question, j’oublie tout ce que je sais déjà (ou ce que je pense savoir)

3-Je rassemble le maximum de sources sûres et solides pour y répondre (articles scientifiques, livres sérieux, organismes d'autorité (INRA), …)

4-Je compare les informations de ces sources, et tente de remarquer des concordances majeures, des "unanimités".

Lorsque ce n’est pas le cas, je le mentionne, pour le garder à l’esprit

Je note mes sources

5- Je synthétise, et j'en tire l'essentiel

Ce que je vous propose, avec ce blog, c’est avancer ensemble à ce niveau.

Avancer ensemble vers la démystification du potager.

Avancer ensemble, vers la construction de bases théoriques saines, solides, et parfaitement claires.

Je vous partage mes questionnements actuels, mes recherches, et mes résultats.

Pour, ensemble, que nous arrivions à construire notre potager productif, autonome, et résilient. 

Tout en comprenant POURQUOI cela fonctionne.

Je ne suis pas expert en agroécologie. Je ne suis pas maraîcher professionnel.

Mais je prends beaucoup de plaisir à aller chercher, trier, regrouper, et synthétiser, les meilleures informations existantes. 

Pour répondre, une bonne fois pour toutes, aux questions que l’on se pose tous.

Vous êtes ici sur mon blog, “Springday, Le Potager du Pourquoi”.

Et je vous souhaite une agréable lecture 😉

Photo de fougère
Fleurs de bourrache
Coccinelle sur une feuille

Les plantes à avoir au jardin : les plantes pour héberger les auxiliaires, les plantes à effets répulsifs pour les "ravageurs" (Limaces, Pucerons, Rongeurs, ...)

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3. Comment jardiner avec des plantes très sensibles aux limaces ?

1. Comment protéger les semis et les jeunes plants des limaces ?

Plusieurs plantes de votre potager sont sensibles aux limaces, tout au long de leur développement (c’est le cas, par exemple, des radis, des salades et choux, du basilic, entre autres…). Mais la majorité des plantes y sont bien plus sensibles dans leur premier stade de développement (cucurbitacées par exemple). Une bonne solution, pour ces plantes-là, consiste à protéger les jeunes plants, et ne les mettre en terre qu’une fois qu’ils sont assez vigoureux : ils seront alors moins attractifs pour les limaces et les escargots, et ils encaisseront mieux d’éventuels dégâts, lorsque ces derniers viendront les manger.  La conservation de ces jeunes plants en intérieur est une très bonne solution. Dans le cas général, il vaut mieux ne pas semer directement en terre.

2. Sélection des plantes les plus résistantes aux limaces

sélection des plantes resistantes aux limaces

Une autre stratégie que vous pouvez mettre en place, est de vous fier à Mr Darwin, même si cela est une démarche à bien plus long-terme.

Pour toute espèce, la nature applique une sélection naturelle… de sorte que seuls les individus les mieux adaptés à leur environnement puissent procréer. Cela, afin de transmettre leurs gènes (et donc leurs caractéristiques anatomiques et/ou comportementales) à leur descendance. Cela permet aux espèces une résilience et une adaptabilité remarquable, à long-terme, face à de forts changements au sein de leur environnement. Les plantes sont aussi soumises à cette sélection naturelle.

Si vous avez planté 10 plants de courgettes dans votre jardin, la diversité des patrimoines génétiques fait qu’aucun n’aura exactement les mêmes caractéristiques que son voisin. Parmi ces différences, les plants n’auront probablement pas tous la même attractivité face aux limaces (leur texture et/ou « goût » sera très légèrement différent) .

Parfois, vous allez alors remarquer qu’un de vos plants a été attaqué moins que les autres, par les limaces.

Ce que vous pouvez faire, c’est récupérer les graines de ce plant (son patrimoine génétique donc), pour les ressemer la saison prochaine. S’il s’avère que ce plant de courgette a bien été moins attaqué du fait de sa plus faible attractivité pour les limaces (et pas uniquement par chance, car c’est aussi possible), alors, en continuant de procéder de la sorte, saison après saison, vos plantes seront plus résistantes face aux limaces.

 

 

3. Semer des anciennes variétés de plantes, que mangent peu les limaces

légumes résistants aux limaces

Une méthode plus simple, et plus rapide à mettre en place, consiste à choisir directement des variétés de plantes anciennes. En effet, au fil des dernières décennies, la sélection des plantes s’est faite dans le but de ne conserver que les plants qui donnaient le plus de fruits, les plus gros, et ceux ayant le meilleur goût. Les aléas climatiques et environnementaux (sécheresse, explosion de populations de limaces, …), eux, étaient contenus par les « progrès » technologiques (arrosages abondants, granulés au métaldéhydes, …).

Mais à l’époque, lorsque toutes ces technologies n’existaient pas encore, les plantes que l’on sélectionnait était les plus résistantes naturellement, car c’était celles qui survivaient.

De nombreuses variétés anciennes ont été conservés, et leur résistance naturelle plus importante face aux limaces, est un vrai atout.

II. Comment se servir de la connaissance de ce que mange une  limace : la technique du massif sacrificiel

1. La technique du massif sacrificiel : pourquoi ? Et comment s’en servir pour éloigner les limaces du potager ?

Moutarde pour massif sacrificiel

Le massif sacrificiel, consiste, comme son nom l’indique, à dédier une part de votre jardin aux limaces, pour limiter les dégâts sur vos plantes potagères. Cette part qui leur sera offerte, si vous pouvez le voir comme un cadeau pour leur utilité au jardin, est aussi un moyen de focaliser leur « attention » sur des plantes peu importantes pour vous, mais très attractives pour elles (c’est le même principe qu’avec le compostage de surface).

Imaginez que vous êtes avec des amis, et que vous soyez tous des fans absolus de crêpes. Vous êtes sur une place piétonne, et il y a un stand de crêpes, à l’extrémité de la place, et un stand de barbe à papa à l’autre extrémité.

Il y a de fortes chances pour que vous vous dirigiez vers le stand de crêpes. Et même si un de vos amis en a mangé la veille, et part s’acheter une barbe à papa, il y a plus de chance que la majorité d’entre vous se délectent de ces crêpes roulées bien tièdes.

Dans votre jardin, imaginons que le stand de barbe à papa ce soit votre potager. Installez-y le stand de crêpes, que les limaces préfèrent.

2. Liste des plantes que mangent avec passion les limaces, à utiliser pour un massif sacrificiel

crèpes

Voici les variantes que vous pourriez proposer aux limaces et escargots dans votre stand :

  • Moutardes jaune citron-sucre
  • Tournesols crème de marron
  • Hostas confiture de fraises
  • Dahlia banane-nutella
  • Zinnia caramel beurre salé
  • Radis miel de garrigues
  • Colza poire-chocolat
  • Cresson sirop d’érable
  • Pissenlits chantilly

III. Mettre ce que mangent préférentiellement les limaces à l’intérieur du potager

Ce qu’il est aussi possible de faire, en plus de la création d’un massif sacrificiel dans un coin reculé du jardin (pour y tenir la majorité des limaces éloignées de votre potager), est d’ajouter des plantes qu’elles adorent manger, à l’intérieur de votre potager. Pour reprendre l’analogie de tout à l’heure, il y aura toujours quelques limaces qui s’aventureront vers votre stand de barbe à papa (par hasard ou parce qu’elles y étaient proches). Votre stand de crêpe à l’autre bout du jardin ne les intéressera pas (c’est bien trop loin et elles ne le détecteront pas, ou alors le coût/bénéfice (instinctif) de ce déplacement devient faible).

Il faut donc planter des plantes à « sacrifier » (qui font habituellement partie du cœur de l’alimentation des limaces), aussi au sein de votre potager, entre vos plantes les plus précieuses.

Pour cela, remontez dans la parie II.b. pour les sélectionner 😉

IV. Des plantes destinées à être mangées par les limaces : la démarche psychologique a avoir

démarche psychologique pour la gestion des limaces

Pour finir, je voulais mettre en évidence un aspect qui me semble important. Lorsque vous choisirez des plantes à « sacrifier », pensez que vous devez réellement être prêt au fait que tout soit dévoré.

Il est facile de tomber dans le piège de la mise en place d’un massif ornemental très élégant, dont vous tomberez amoureux. Et vous ne serez finalement plus prêt à le laisser en pâture aux limaces et aux escargots… pour finalement retomber à votre point de départ.

Si vous avez peur de tomber dans ce travers, choisissez les plantes à l’aspect le moins ornemental possible. Évitez alors peut être les tournesols, les dahlias, les zinnia… et plantez plutôt des pissenlits, du colza, de la moutarde, …

 

Conclusion

Le choix des variétés des plantes potagères les plus résistantes aux limaces (mais aussi de fleurs résistantes aux limaces) , et l’aménagement du jardin, sont des priorités pour faire face à des augmentations saisonnières importantes du nombre de limaces ou d’escargots. La connaissance de ces gastéropodes, et notamment de leurs habitudes et préférences alimentaires, est, je pense, un point crucial pour une mise en œuvre efficace de ces moyens d’actions.

 

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6 Commentaires

  1. Adam Jacqueline

    c’est bien beau tout ça mais quand vous ramassez 2000 limaces (sans mentir ) en 2 jours de pluie et que vous plantez sur 200 m2 , et que vous devez planter des choses qu’elles aiment je peux vous dire que vous n’avez plus de place pour vous

    Réponse
    • Robin

      Bonjour Jacqueline, c’est vrai que ce n’est pas toujours facile à mettre en pratique.. dans votre cas, peut être qu’un compostage de surface pourrait être mieux adapté ?

      Réponse
  2. Bourigaud

    Article très intéressant et très censé, merci beaucoup.
    Continuez dans ce sens vous avez un bel avenir. 👍

    Réponse
    • Robin

      Merci beaucoup ! Votre message m’encourage vraiment ! 😊

      Réponse
  3. Nadine

    Merci Robin, je retiens le fait de garder plus longtemps les plantes en intérieur au lieu de les repiquer en pleine terre. Savez vous si certaines variétés de laitues sont moins attractives pour les limaces ? Mes rouges sont peu attaquées

    Réponse
    • Robin

      Avec plaisir 😊 Oui exact, les laitues rouges sont moins appréciées des limaces 😉

      Réponse

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