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Frelons asiatiques en France : faut-il les tuer ?

le frelon asiatique en france : faut-il le tuer ?

Faut-il tuer les frelons asiatiques ? 

Question peut être simple à première vue (“bien sûr qu’il faut les tuer ! Ils déciment nos abeilles et ne font pas partie de l’écosystème”), mais plus compliquée lorsque l’on creuse… 

 

Saviez-vous, par exemple, que le développement du nombre d’abeilles domestiques, est une des causes principale du déclin des pollinisateurs sauvages ?

 

Que disent les études à ce sujet ?

 

La présence des frelons asiatiques seraient-ils une aubaine pour les pollinisateurs sauvages ? 

 

Reposons la question : faut-il tuer les frelons asiatiques ? 

 

J’essaie de décortiquer le problème dans cet article, et je donne des éléments de réponse (ce n’est pas simple). 

 

C’est parti !

Si vous ne connaissez pas mon site, celui-ci est dédié à la gestion « Perma » des petits « ravageurs » (ou ceux que l’on considère “indésirables”) du jardin. (Cet article est le quatrième parmi les principaux : limaces, pucerons, chats domestiques, et maintenant frelons asiatiques)

Je concentre pour l’instant tous mes efforts sur le sujet de la gestion perma et intelligente des limaces. Si vous voulez en savoir plus sur ce site web, et mes objectifs, rendez-vous sur ma page d’accueil !  😊

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Frelons asiatiques en France : faut-il les tuer ?

I. Frelons asiatiques en France : le connaître, pour comprendre les enjeux, et les dangers

a. Quelle est l’alimentation des frelons asiatiques, en France ?

Les frelons asiatiques, en fait, ont globalement la même alimentation que les frelons européens : les adultes ne se nourrissent que de fruits mûrs et de nectar. Ces adultes, nourrissent par contre leur couvain avec divers insectes : mouches, guêpes, abeilles, chenilles… C’est là que la différence se fait entre les deux espèces de frelons : si les frelons européens (enfin, pas pour eux, pour leurs larves, mais vous avez compris je pense) ne se nourrissent que de quelques rares abeilles, les frelons asiatiques ont, eux, un régime alimentaire composé à 35 % d’abeilles butineuses, dans les campagnes, et jusqu’à plus de 60 % dans les villes.

Sachant que le couvain d’une colonie de frelons, nécessite environ 500 g d’insectes par jour, on voit assez facilement que le nombre d’abeilles tuées par une colonie de frelons asiatiques peut être énorme ! (Sans compter, que la majorité des abeilles qui meurent à cause des frelons asiatiques, meurent par le stress causé par sa présence. Ce stress fait qu’elles ne sortent alors plus assez de leur ruche, et elles meurent donc du fait de leur affaiblissement).

que mange le frelon asiatique ?

Dans ce graphique, « dipteria » correspond aux diptères, qui correspond à l’ordre de ce qu’on appelle communément les « mouches », tandis que les « hymènotère vespidae » correspondent aux guêpes sociales et guêpes solitaires. Les hymènoptères Apidae, vous l’aurez compris, correspondent aux abeilles.

frelons asiatiques et frelons européens
frelon asiatique identification

Deux petites photos, pour être sûr que vous puissiez différencier frelons asiatiques des frelons européens, voire des autres insectes, avant d’aller plus loin.

2. Comment les frelons asiatiques sont arrivés en France ?

Malheureusement, comme beaucoup des histoires actuelles à tournure délicate, c’est bien nous, Homo Sapiens Sapiens, qui sommes à l’origine de l’introduction des frelons asiatiques, dans notre écosystème local.

Selon l’histoire, tout serait parti, en 2004, d’une livraison, en France, de poteries par conteneurs, en provenance de Chine. Ce conteneur avait malheureusement piégé des frelons asiatiques.

Ces derniers se sont alors échappés à l’ouverture du conteneur, et ont commencé à se reproduire et donc se multiplier, en France, parfaitement adaptés à ce nouvel environnement.

Frelons asiatiques en France : quelles évolutions de leur population, ces dernières années ?

Depuis 2004, le territoire des frelons asiatiques s’est beaucoup étendu. Voici des cartes qui illustrent leur installation en Europe de l’Ouest, ces dernières années.

Faites défiler pour voir l’évolution au cours des années.

répartition frelons asiatiques en France en 2004
répartition frelons asiatiques en France en 2011
répartition frelons asiatiques en France en 2019

La carte ci-dessous, établie à partir de modèles probabilistes de niches, nous donne une vision des zones favorables à l’installation des frelons asiatiques en France et dans toute l’Europe de l’Ouest. Cette carte permet de comprendre la répartition actuelle des frelons, vue dans les cartes précédentes.

favorabilité des frelons asiatiques en France

Or, voici ci-dessous le même modèle probabiliste, appliqué cette fois au climat prévu pour 2100 :

favorabilité des frelons asiatiques en France en 2100

Et qu’en est-il de l’importance de la population de frelons asiatiques, au sein de ces zones d’installations ? Qu’en est-il de la densité de nids, et surtout de la progression de cette densité de nids de frelons asiatiques, en France ?

 

Je n’ai pas trouvé de chiffres nationaux à ce sujet, mais voici des chiffres régionaux, qui peuvent nous éclairer un peu sur la question :

nombre de nids de frelons asiatiques en france
nombre de nids de frelons asiatiques en france

Ces deux graphiques semblent sonner la panique générale, face à une augmentation impressionnante du nombre de nids (primaires et secondaires, sans différenciation) dans ces régions.

Voici d’autres chiffres sur l’évolution des frelons asiatiques en France, qui tempèrent un peu les résultats ci-dessus :

Dans le Finistère :

evolution des frelons asiatiques en france 2

Et dans le pays de la Loire (le frelon asiatique n’est pas arrivé en même temps dans ces régions, il est donc normal que les phases de croissances ne coïncident pas) :

evolution des frelons asiatiques en france
taux de croissance des frelons asiatiques en France

 On observe ici, dans ce graphique qui correspond aussi aux observations faîtes dans le pays de la Loire, une très grande augmentation de la croissance de la population de frelons asiatiques sur l’année 2009/2010, puis une diminution de cette croissance dans les années qui suivent (entre 2011 et 2013, la croissance de cette population se situe entre 0 et 5 : et, si vous regardez bien, les populations ayant fortement cru dans les années précédentes, ont un taux de croissance qui se rapproche de 0. Un taux de croissance de 30 correspond à un peu plus d’une multiplication par 30 de la population en une année. Pour un coefficient de croissance de 0, la population n’est plus en croissance.  

 

Difficile d’interpréter ensemble ces différentes pièces de puzzles, mais il semblerait que la population des frelons asiatiques, après une forte et rapide croissance, puisse atteindre une phase de stabilisation.

 

Mais, il faut faire très attention à ces chiffres.

  • Tout d’abord, l’arrivée des frelons asiatiques dans l’ensemble des régions françaises est trop récente, et on ne peut pas savoir si la stagnation observée dans le pays de la Loire et le Finistère :
    • Sera durable
    • Est commune à l’ensemble des régions, ou est dû à des facteurs écosystémiques locaux
  • Ensuite, le changement climatique (je fais référence à la carte sur les projections pour 2100), dans les années à venir, peut favoriser progressivement le développement des colonies de frelons asiatiques, tout en défavorisant directement nos populations de pollinisateurs autochtones (car leur climat change). Possible double peine donc, pour ces insectes autochtones (abeilles sauvages, surtout), qui verraient ainsi un nouveau prédateur redoutable se développer, et le climat leur devenir défavorable. La balance proies-prédateurs peut ne pas être équilibrée.
Robin

Robin

Je crois profondément en l’intérêt de la permaculture (et de sa philosophie, notamment la vision systémique des choses qu’elle amène), pour un monde plus cohérent et durable.

Je crois fortement en la force que contient la transmission du savoir, pour faire bouger les choses à grande échelle.

C’est pourquoi je m’implique sur ce blog dédié à la vulgarisation (sérieuse, sourcée, pédagogique, complète (du mieux que je le peux en tout cas 😊 )) de la permaculture, et j’y apporte parfois mes opinions.

Je me concentre pour l’instant sur le problème des ravageurs en permaculture.

J’ai aussi bossé sur des solutions concrètes à ce sujet, comme une barrière à limaces respectueuse et infranchissable, trouvable ici !

Si, comme moi, vous cherchez toujours à comprendre « pourquoi », ce blog vous correspondra peut-être 😉

Photo de fougère
Fleurs de bourrache
Coccinelle sur une feuille

Les plantes à avoir au jardin : les plantes pour héberger les auxiliaires, les plantes à effets répulsifs pour les "ravageurs" (Limaces, Pucerons, Rongeurs, ...)

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II. Frelons asiatiques en France : doit-on les tuer ?

faut-il tuer les frelons asiatiques en france ?

a. Quel est l’impact des frelons asiatiques sur l’écosystème français et européen ?

Après l’introduction par inadvertance des frelons asiatiques en France, et leur développement impressionnant, quel est l’impact de ces nouveaux venus sur l’équilibre de l’écosystème, et sur la biodiversité autochtone ?

Comme on l’a vu au tout début de cet article, les frelons asiatiques nourrissent leur couvain par le même type de proies que le frelon européen, excepté concernant les abeilles, qu’il tue en bien plus grand nombre.

Son impact sur la biodiversité est principalement lié à cette prédation d’abeilles.

En fait, à part sa compétition avec certains hyménoptères (comme le frelon européen), la plus grande conséquence de sa présence, sera une baisse (voir une chute importante) de la population d’abeilles française, et notamment des abeilles domestiques, élevées pour le miel qu’elles produisent.

Donc, d’après moi, savoir s’il faut chercher à éliminer les frelons asiatiques, revient tout d’abord à déterminer si les conséquences futures de leur présence sur les populations d’abeilles du territoire français et européen, peuvent être préjudiciables, à moyen et long terme, pour l’équilibre de l’écosystème.

Et quelles sont les conséquences de cette baisse potentielle de la population d’abeilles, en France ?

 

b. Doit-on vraiment chercher à protéger les abeilles domestiques ?

le frelon asiatique mange les abeilles

1. Quel est l’impact de la présence des abeilles domestiques sur les abeilles et autres pollinisateurs sauvages ?

Oui oui, vous avez bien lu. C’est bien la question que je pose. Ne me brûlez pas vif tout de suite, voyons, laissez-moi au moins le temps de m’expliquer 😉

Quand on parle de protéger les abeilles des frelons asiatiques, la plupart du temps, c’est exclusivement en rapport avec les abeilles domestiques, tuées devant leur ruche par les frelons. C’est le pire cauchemar des apiculteurs, qui peuvent perdre plusieurs ruches rapidement …

La réponse à la question de ce sous-titre serait évidente pour un apiculteur, car son travail en dépend, et c’est totalement normal.

Mais, l’objectif que je tente de servir, dans cet article, est celui de favorisation de la richesse de l’écosystème, et de son équilibre.

Par rapport, à ça, il faut malheureusement mettre ses positions de côtés, qui empêchent de juger le problème avec objectivité. Ne demandez pas à un boulanger si son pain est bon, son avis sera forcément faussé : « fiston, mais que me racontes-tu ? Mon pain, c’est le meilleur de la ville, tu entends ! Mon pain, il est plein de vitamines, et il te soigne même la migraine ! Allez va, prends-moi deux baguettes »

Donc, quelle est l’importance de sauvegarder les populations d’abeilles domestiques du frelon asiatique, pour la richesse, l’équilibre, et le fonctionnement optimal de notre écosystème (tout intérêt humain court-moyen terme mis de côté) ?

2. Quelle est donc l’importance de l’impact – bénéfique, ou même néfaste -, des abeilles domestiques, sur l’écosystème ?

les abeilles domestiques sont néfastes aux abeilles sauvages

C’est vrai que je ne me l’étais jamais posée, cette question, mais j’ai récemment lu un article de Julien Mars à ce sujet, qui m’a amené à faire mes propres recherches sur la question.

Et j’ai, en effet, trouvé qu’une équipe de chercheurs de Cambridge a montré que la présence importante d’abeilles domestiques (des abeilles d’élevage, élevées dans un objectif de produire du miel) était néfaste aux espèces pollinisatrices sauvages (abeilles sauvages, notamment).

Avec la perte de leurs habitats, le développement de l’agriculture conventionnelle et ses conséquences (pesticides), et le dérèglement climatique, la présence importante des abeilles domestiques sur le territoire est un des facteurs qui menace aujourd’hui nombreux de ces pollinisateurs sauvages.

Selon les chercheurs, cela serait majoritairement dû à la compétition pour les ressources : le pollen étant massivement extrait du système par les abeilles domestiques, pour une production de miel, il est plus difficile à trouver pour les autres pollinisateurs. Mais la transmission de maladies (varroa par exemple) des abeilles domestiques aux abeilles sauvages, est aussi un des dangers potentiel.

De nombreux chercheurs appellent ainsi au contrôle des populations d’abeilles domestiques sur le territoire, et surtout au sein des zones protégées (parcs naturels), où la présence de ruches serait à éviter tant que possible.

(Selon l’IPBES (la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques), plus de 40 % des espèces de pollinisateurs invertébrés sauvages – notamment les abeilles et les papillons – sont en voie de disparition.)

les bourdons sont menacés par les abeilles et les frelons asiatiques

Pour illustrer un peu mes propos, voici une étude sur l’impact de la présence d’abeilles domestiques (ruche) sur une colonie de bourdons sauvages :

Des scientifiques ont placé des ruches à proximité (5 mètres) de colonies de bourdons, et ont mesurés le gain de poids total de cette colonie de bourdons au cours de la saison, ainsi que le nombre et la taille des reines produites.

Ils ont répété l’opération avec des ruches très éloignées (1 km) d’autres colonies de bourdons.

Voici, ci-dessous, le gain de poids moyen des colonies de bourdons, dans les deux cas : le trait noir pour les ruches placées à 5 m, le trait en pointillés pour les ruches placées à 1 km.

impact des abeilles domestiques sur les bourdons

Far from honeybee hives = loin de la ruche d’abeilles mellifères : 1 kilomètre

Near honeybee hives = proche de la ruche d’abeilles mellifères : 5 mètres

 

Les chercheurs ont ainsi prouvé, que les colonies de bourdons à proximité (5 mètres) d’une ruche, avaient un gain de masse moins important qu’une colonie de bourdons placée loin (1 kilomètre) d’une ruche.

Ils ont aussi montré, dans cet article, qu’à proximité d’une ruche, les reines produites étaient plus petites et surtout moins nombreuses.

Je trouve ces résultats assez forts !

Ils montrent bien, que les colonies de bourdons se sont moins bien développées lorsqu’elles étaient à proximité directe des ruches.

Source de l’étude en question :

2014 – Apidologie, Springer- Verlag
The effect of proximity to a honeybee apiary on bumblebee colony fitness, development and performance
Twfeik Elbgami, William E. Kunin, William O. H. Hughes, Jacobus C. Biesmeijer

 

Attention tout de même, car tous les scientifiques ne sont pas d’accord au sujet de l’impact négatif des abeilles domestiques sur les abeilles sauvages. Voici, ci-dessous, l’avis porté par les études actuelles sur le sujet. On voit que 60 % des études sont d’accord, avec cette idée… mais 60 %, ce n’est pas 100 % !

On peut tout de même penser que, comme tout type d’étude scientifique, les données et expérimentations peuvent adroitement être influencées (consciemment ou non) dans le sens des idées premières des chercheurs. Et ils peuvent aussi, malheureusement, être influencés directement par des acteurs externes : pour des équipes de chercheurs financées par des entreprises portant les intérêts de l’apiculture, on voit assez bien quel type d’influence cela peut avoir…

impacte des abeilles domestiques sur les abeilles sauvages

Bref, la présence importante d’abeilles domestiques sur le territoire français, est, selon les scientifiques, une cause probable – même si ce n’est pas la seule – de la disparition progressives de plusieurs espèces de pollinisateurs sauvages.

 

Et alors ? C’est si gênant que ça que les abeilles sauvages disparaissent ?

Vin di diou !! Mais c’est ce que nous allons voir tout de suite !

 

 3. En termes de fonctionnement de l’écosystème seulement, quelle est la « valeur ajoutée » des pollinisateurs sauvage par rapport aux abeilles domestiques ?

les abeilles sauvages sont menacées par les frelons asiatiques

Les abeilles domestiques ont été sélectionnées par l’Homme, sur un grand nombre de générations. Elles ne sont issues que de quelques espèces (5 espèces sont les plus utilisées), et la diversité génétique de l’ensemble des espèces d’abeilles domestiques est donc assez faible : elles ont à peu près toutes les mêmes caractéristiques, et donc leur type de pollinisation et de plantes sera quasi-similaire.

A l’inverse, en France, il y a 1000 espèces d’abeilles sauvages et de bourdons, et 8000 espèces d’hyménoptères (dont la très grande majorité sont des pollinisateurs). La diversité génétique des pollinisateurs sauvages et donc très importante.

Or, chacune de ces espèces de pollinisateur sauvage à des caractéristiques différentes, et des caractéristiques de pollinisation différentes. C’est là qu’est leur grand “intérêt”.

Certaines plantes ne dépendent que d’un type de pollinisateur pour leur fécondation : d’après Pollinis, les tomates, par exemple, ne peuvent être pollinisées efficacement que par les bourdons, qui sont les seuls à pouvoir faire vibrer ces fleurs pour qu’elles libèrent leur pollen.

Or, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), près de la moitié (46 %) des espèces de bourdons d’Europe, comme d’autres pollinisateurs sauvages, sont en déclin.

Et, la survie de 80 % des espèces de plantes à fleurs dépendrait de la présence des pollinisateurs sauvages.

 

La préservation de ces pollinisateurs sauvages est donc essentielle à la sauvegarde des espèces de plantes florales, elles-mêmes indispensables à l’écosystème.

 

4. Quelles pourraient donc être les conséquences d’une diminution du nombre d’abeilles domestiques, causée par les frelons asiatiques, en ce qui concerne l’écosystème ?

le frelon asiatique fait chuter le nombre d'abeillesle frelon asiatique mange les abeilles

La première conséquence serait la libération d’un espace, pour les espèces sauvages.

Libérées d’une compétition pour les ressources, la survie de certaines espèces sauvages pourrait être favorisée (on repense à l’exemple de tout à l’heure, sur l’étude de colonies de bourdons à proximité de ruches).

La diminution de la part des abeilles domestiques parmi l’ensemble des pollinisateurs, pourrait aussi augmenter la résilience de cette population de l’ensemble des pollinisateurs : une maladie qui dévasterait massivement les abeilles domestiques, aurait ainsi, par exemple, des conséquences moins dramatiques pour la pollinisation et donc fécondation des plantes sauvages et cultivées.

 

Par contre, les conséquences d’une diminution drastique éventuelle du nombre d’abeilles domestique, en France, sont difficiles voire impossibles à prévoir : la présence de ces abeilles domestiques est peut-être devenue si importante, que son rôle dans le fonctionnement de l’écosystème est tout de même devenu essentiel : si les pollinisateurs sauvages sont nécessaires à la survie de 80 % des espèces de plantes à fleurs, cela n’exclut pas que les abeilles domestiques jouent aujourd’hui elles aussi un rôle très important : notamment au niveau des parcelles cultivées (vergers, etc …).

 

L’impact des frelons asiatiques sur les populations d’abeilles, dépendra du développement de ce prédateur, dans les années à venir.

 

Donc, pour résumer :

  • Une diminution du nombre d’abeilles domestiques, sur le territoire français, pourrait être bénéfique aux populations d’espèces pollinisatrices sauvages. Celles-ci ont un rôle et un intérêt bien plus important en termes de pollinisation (et en termes de poids dans la préservation de l’écosystème).

 

  • Attention tout de même : cela ne veut absolument pas dire, qu’une chute drastique de populations d’abeilles domestiques sera bénéfique à l’écosystème : au contraire, l’abeille domestique joue tout de même un rôle, aujourd’hui, au sein de l’écosystème. Et la place laissée par une éventuelle disparition totale de ce pollinisateur d’élevage, ne sera pas probablement remplacée facilement et rapidement : les conséquences peuvent être dramatiques à court terme, nous n’en savons rien.

 

5. L’impact des frelons asiatiques sur les autres pollinisateurs

Les frelons asiatiques sont un dangers pour les pollinisateurs sauvages

Comme on l’a vu au début de l’article, dans le graphique camembert sur l’alimentation des frelons asiatiques, les abeilles domestiques ne sont pas les seules proies des frelons asiatiques :  les abeilles sauvages (qui sont comprises dans la catégorie Hym. Apidae) et les hyménoptères constituent aussi une part importante de la nourriture apportée par les frelons asiatiques à leur couvain.

Laisser les frelons asiatiques s’installer en France, c’est malheureusement aussi permettre l’installation d’un nouveau prédateur de ces pollinisateurs sauvage. Cette nouvelle prédation peut d’ailleurs contrebalancer (et même bien plus que ça) les bénéfices que pourraient tirer les pollinisateurs sauvages d’un recul des abeilles domestiques.

 

 

c. Les frelons asiatiques :  mieux vaut laisser la Nature absorber le problème, que de chercher à s’en débarrasser ?

un arbre

 

Sur la quinzaine d’articles que j’ai épluchés, je vois souvent, dans les commentaires, des personnes qui expliquent que « non, il ne faut pas tuer le frelon asiatique. La nature saura absorber ce nouveau venu, et une action de notre part est dangereuse, car cela risque de créer de nouveaux problèmes. »

 

Si on regarde bien, notre histoire regorge d’exemple à ce sujet : l’introduction du lapin (4 couples, au départ) en Nouvelle Zélande, a été un désastre écologique. 40 ans plus tard, ces petits lapins mignons-tout-plein sont maintenant 600 millions (la nature a donc moyennement bien régulé l’affaire). Pour la suite de l’histoire, on décide d’introduire le Renard : sauf qu’évidemment, ce dernier a préféré chasser les petits marsupiaux, déjà menacés d’extinction.

 

Pour les frelons asiatiques, comme pour les lapins de Nouvelle Zélande, le souci est que c’est l’Homme lui-même qui est la cause de ces problèmes.

Les frelons asiatiques et les lapins de Nouvelle Zélande n’ont pas, seuls, décidé de migrer vers un nouveau continent – et d’ailleurs, c’était tout simplement impossible pour eux de le faire.

Cette intervention humaine, qui n’est pas possible et pas « prévue » par les systèmes naturels, à des conséquences qui dépassent souvent dame Nature. Nous sommes nos propres bourreaux.

 

Ici, la question est de savoir s’il est souhaitable que l’Homme agisse, concernant l’histoire des frelons asiatiques en Europe de l’Ouest – en imaginant que cela soit possible, et sans introduction d’un nouvel élément dans le système (pas comme avec Mr le renard de Nouvelle Zélande).

La réponse est oui. Se poserait-on la même question s’il s’agissait d’un accident nucléaire ?

 

 

d. Conclusion : Faut-il tuer les frelons asiatiques pour l’écosystème ? Les pour et les contre.

 questionnement

Contre :

  • Si la progression des frelons asiatiques en France se stabilise réellement, et fait légèrement chuter le nombre de ruches en France – mais surtout que cette baisse du nombre de ruches fini un jour par se stabiliser – , alors il est possible que l’impact des frelons asiatiques contre l’écosystème, puisse être une opportunité pour les populations de pollinisateurs sauvages, qui auront peut-être une petite « bouffée d’air » : car comme on l’a vu, ceux-ci souffrent de la compétition actuelle avec nos abeilles domestiques.

Si nous nous appelions tous Irma, nous pourrions, si ce scénario idéal (pour l’écosystème) était confirmé par notre boule de cristal, décider volontairement de laisser vivre le frelon asiatique, et même tenter de convaincre de cela, autour de nous.

De plus, pour que les espèces d’abeilles sauvages puissent bénéficier de ce scénario, il faudrait être sûr que les attaques des frelons asiatiques se concentrent exclusivement sur les ruches. Je n’ai trouvé aucune étude à ce sujet, mais ça me paraît loin d ‘être évident.

 

Pour :

  • Voici l’autre scénario : si la population de Frelons asiatiques continue d’augmenter, et qu’il y a un gros danger pour que les abeilles domestiques – maintenant tout de même insérées dans nos écosystème – en pâtissent très sévèrement, des conséquences dramatiques non prévues peuvent se produire : le travail de pollinisation des abeilles domestiques est tout de même aujourd’hui important, et il est incertain qu’il puisse être remplacé rapidement par le travail des pollinisateurs sauvages.

 

  • L’installation réelle des frelons asiatiques en France, est bien trop récente, pour que l’on puisse tirer des conclusions de son impact sur l’écosystème, à moyen et long terme. Pour ce type de cas, je pense qu’il est important d’appliquer ce que l’on appelle le principe de précaution. Les plus grandes catastrophes écologiques, ont été causées par l’insertion humaine d’espèces animales indigènes, dans des écosystèmes qui en était dépourvus.

 

  • Les frelons asiatiques se nourrissent aussi de pollinisateurs sauvages. Son développement en Europe pourrait donc aussi impacter sévèrement ces derniers, en s’établissant comme un nouveau prédateur. Ce pourrait être assez impactant pour nos écosystèmes.

 

  • Le lapin de Nouvelle Zélande est un bon exemple de l’ampleur que peut prendre un problème de ce type, et les systèmes naturels peuvent rapidement être débordés et en pâtir sévèrement. Il est beau de penser que la Nature absorbe toutes les bêtises humaines, malheureusement, à court-moyen terme, ce n’est souvent pas le cas. Pour ceux qui voient le frelon asiatique comme une opportunité de réguler la population d’abeilles domestiques, souvenez-vous du Renard de Nouvelle Zélande 😉

 

Conclusion perso (et oui, ça y est, je prends parti un peu !) : si, un jour, une solution vraiment sélective – et qui n’implique pas l’entrée d’un nouvel élément non contrôlable au sein du système – voit le jour, je pense, oui, qu’il est souhaitable de neutraliser les frelons asiatiques en Europe. Nous sommes encore dans le flou quand aux conséquences potentielles que peuvent avoir les frelons asiatiques sur nos systèmes naturels – à moyen et long terme, surtout – , et, dans ce type de situation, la prudence est de mise. Concernant les abeilles domestiques, il en va à l’Homme de réguler les populations. Mais pas à un prédateur exporté, dont les conséquences néfastes potentielles peuvent être importantes et sous-estimées.

 

III. Que faire contre les frelons asiatiques en France ?

 les frelons asiatiques sont un danger en france

Mais alors, si vous pensez qu’une neutralisation des frelons asiatiques est souhaitable, comment tenter de contrôler la présence de ces nouveaux venus sur notre territoire ?

Et puis, quelles solutions pour les apiculteurs ?

 

a. Les pièges à frelon asiatiques, une bonne idée ?

 

Une première « solution », parfois mise en avant, consiste en la fabrication de pièges, pour les frelons asiatiques.

Le principe de ces pièges est simple : une entrée, un appât, est le frelon est piégé. Voilà un exemple d’un de ces pièges, fait à partir d’une bouteille plastique, que j’ai trouvé, parmi des milliers d’autres sur internet.

piege à frelons asiatiques en bouteille plastique

En théorie, ça semble être un bon moyen de capture spécifique des frelons.

En théorie seulement, malheureusement, car en pratique, un grand nombre d’insectes sont aussi et surtout piégés. Un triste exemple :

les pieges à frelons asiatiques ne sont pas selectifs

Le résultat est souvent un désastre écologique, et l’impact sur les populations de frelons asiatiques est moindre.

En 2009, à Bordeaux, une étude menée sur des pièges classiques – une bouteille renversée avec un liquide sucré au fond – a montré que seuls 0,55% des prises étaient des frelons asiatiques, et qu’en revanche chaque piège capturait 1 089 insectes en moyenne par semaine. En rajoutant une sortie pour les petits insectes (piège grillagé, ou éponge disposée au fond de la bouteille plastique, les empêchant de s’y noyer), la sélectivité s’améliorait nettement, avec 6 insectes par piège et par semaine, mais seulement 1% de frelons ! Rien de très convaincant…

Bref, la quasi-totalité des acteurs objectifs du domaine (muséum d’histoire naturelle, par exemple), dénoncent l’utilisation des pièges à frelons asiatiques.

Mais, pour nuancer mes propos, de nombreux apiculteurs dénoncent ces déclarations, qui ne correspondent pas, selon eux, à la réalité de leur contexte : en effet, il semblerait que l’utilisation de pièges à frelons asiatiques, à proximité des ruches, soit bien plus sélective (peu d’autres insectes s’aventurent à proximité des ruches, si ce n’est les abeilles elles même bien sûr, qui ne sont pas attirées par l’appât utilisé).

Pour les apiculteurs, et si la sélectivité de ces pièges est réellement satisfaisante, ce peut être une solution de secours, en attendant de meilleures alternatives.

Car oui, des travaux sont en cours, sur la synthèse de phéromones, à utiliser comme appâts véritablement sélectifs pour piéger les frelons asiatiques (et les frelons asiatiques seulement).

 Pour aller plus loin concernant l’impact des pièges à frelons asiatiques sur l’entomofaune : http://www7.inra.fr/opie-insectes/pdf/159haxaire-villemant.pdf

 

b. Les frelons asiatiques : quelles autres solutions, pour les apiculteurs ?

Pour les apiculteurs qui souhaitent protéger leurs ruches des frelons asiatiques, il a d’autres solutions (que je préfère d’ailleurs, d’un point de vue extérieur) que les pièges à appâts « semi-sélectifs » placés à proximité directe des ruches :

1. La protection de l’entrée des ruches par une muselière : sas grillagé.

une muselière pour les ruches, pour protéger du frelon asiatique

Protéger l’entrée des ruches à l’aide de grillage, permettrait de réduire considérablement les abeilles tuées par les frelons asiatiques, ainsi que les morts par cause de stress.

c. Élever des poules à proximité des ruches, contre les frelons asiatiques.

poules predateur

« Sérieusement ? »

Oui, sérieusement ^^

En fait, les frelons asiatiques se postent en vol stationnaire à proximité des ruches, pour repérer leur cible, fondre dessus, les plaquer contre une paroi, et leur sectionner la tête à l’aide de leurs mandibules.

Avec ce type de comportement stationnaire, les frelons asiatiques deviennent des proies faciles pour les poules (surtout les poules en phase de croissance, qui mangent tout ce qui passe à leur portée), qui peuvent facilement les croquer. L’idéal est tout de même d’aménager le poulailler pour que mesdames poules puissent se protéger dans le cas d’une éventuelle attaque groupée des abeilles.

 

d. Et que faire si j’ai un nid de frelons asiatiques dans mon jardin ?

différence nid frelon asiatique nid frelon européen

Ah, dans ce cas, il vous faudra d’abord déterminer quel est votre penchant philosophique concernant l’approche à adopter concernant les frelons asiatiques en France (je vous ai préparé le terrain dans la partie « faut-il tuer le frelon asiatique ? » de cet article, si vous ne l’avez pas lu parce que vous êtes du style à aimer connaître la fin d’un livre avant de commencer la lecture).

Si c’est l’idée du danger d’une éventuelle piqûre qui prend le dessus (et l’appréhension qui l’accompagne), c’est compréhensible. Même si les frelons ne sont pas des insectes agressifs envers l’Homme, et que les piqûres du frelon (asiatique ou européen) sont douloureuses mais pas particulièrement dangereuses, il est vrai qu’il vaut mieux ne pas être allergique, et que c’est un danger potentiel pour de jeunes enfants.

Si c’est le risque de la piqûre qui domine, dans votre esprit, la réponse sera donc sûrement la destruction du nid par un professionnel.

Si vous avez connaissance de la présence d’un nid de frelons asiatiques près de chez vous, que vous n’êtes pas apiculteur, et que votre quotidien n’est pas perturbé, c’est là que les choses se gâtent, surtout si vous avez une affection naturelle pour tous les êtres vivants :

 

Qu’allez-vous faire ?

doute ou panique

Allez-vous fermer les yeux, et oublier la connaissance de ce nid finalement insignifiant ?

Allez-vous laisser ce nid « vivre sa vie », car vous ne concevez simplement pas d’agir contre des êtres vivants ? Ou car vous pensez qu’il faudrait peut-être agir, mais que vous n’en avez pas la force morale ?

Allez-vous laisser ce nid là où il est (ne pas le faire détruire), mais de manière volontaire, car vous pensez toujours qu’il est de votre devoir d’œuvrer, à votre échelle, contre le fait de tuer des frelons asiatiques en France ?

Allez-vous faire détruire ce nid, de manière volontaire, là aussi, car vous pensez au contraire qu’il est de votre devoir d’œuvrer à votre échelle pour neutraliser les frelons asiatiques en France ?

 

Je vous laisse sur ces questions 😉

En tout cas, c’était un plaisir, pour moi, d’avoir peut-être aidé à vous positionner sur cette question épineuse. Le but était de montrer que, parfois, il est important de ne pas perdre de vue les tenants et aboutissants globaux d’une question, pour arriver à s’y positionner avec raison et valeurs, plutôt qu’avec émotion immédiate et on-dit.

 

Conclusion :

conclusion : faut-il tuer les frelons asiatiques en france ?

Les frelons asiatiques sont arrivés accidentellement en France, à cause de l’Homme, en 2004. Depuis, ils n’ont pas cessé de se propager dans toute l’Europe de l’Ouest, et menacent les abeilles, notamment les abeilles domestiques.

Il est vrai que ces abeilles d’élevages, constituent une pression environnementale pour les abeilles sauvages (et les autres pollinisateurs), notamment au niveau de la compétition pour les ressources.

Cela pourrait-il justifier un laissez-passer aux frelons asiatiques, pour une cause écosystémique noble et à grande échelle (que pourrait être le contrôle par ce prédateur des abeilles domestiques) ?

Non, je ne le pense pas (cet avis n’engage bien sûr que moi, et a été construit au vu des arguments fournis).

Le frelon asiatique, constitue un nouvel entrant dans un écosystème bien établi.

Les incertitudes, qui portent sur l’importance de l’accroissement de la population des frelons asiatiques, la taille finale de cette population – une fois celle-ci stabilisée – , et son impact sur les populations d’insectes locaux (pollinisateurs sauvages notamment), sont trop importantes (car le phénomène est beaucoup trop récent !) pour ne pas tenter, selon moi, d’agir.

Cette action ne devra je pense, en aucun cas, passer par l’introduction d’un nouvel élément autonome dans l’écosystème, pour éviter des catastrophes en cascades non prévues (exemple du renard introduit en Nouvelle-Zélande).

Tenter de neutraliser sélectivement les frelons asiatiques, pour servir l’écosystème et ses occupants, je le pense, est loin d’être une aberration.

 

Merci d’avoir pris le temps de lire 😊, j’espère que cet article vous aura intéressé et appris des choses que vous pensez utiles. N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez dans les commentaires, je suis à l’écoute de tout ce que vous aurez à me partager, car cela ne peut qu’enrichir ce document. Faites-moi parvenir vos idées, je compléterai cet article avec plaisir, afin qu’il soit le plus complet possible.

Sources principales : 

Faut-il tuer le frelon asiatique en France ?

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14 Commentaires

  1. Thierry

    L’homme perturbe la nature et est responsable de fait de son contrôle : se poser alors les bonnes questions comme dans cet intéressant article sur l’ équilibre écologique.

    Réponse
  2. Bris

    Très bon article et intéressant.
    Beau travail

    Réponse
  3. Régis

    Merci pour cet article très intéressant.

    Réponse
    • Robin

      Merci à vous ! 😊

      Réponse
  4. Colette CHL

    très intéressant, cela conforte tout à fait mon jugement après avoir lu bien des articles, très concernée car nus en avons beaucoup sur le plateau de valensole

    Réponse
  5. Richard

    J’ai adoré votre article. Mais je suis en désaccord avec vous quand vous dites que le cas du déplacement d’espèces n’est pas prévu par la nature. Il existe des précédents ou des espèces ont migrées de manière assez innatendu d’un continent à l’autre. En outre, les plantes aussi sont déplacées par les oiseaux migrateurs qui transportent des graines. L’écosystème planétaire est depuis des millions d’années soumis à des changements massifs d’espèces dominantes. Les reptiles en sont un bon exemple, qui ont été remplacés par les mammifères que nous sommes dans la domination de la planète et qui sait ce qu’il adviendra dans les millénaires à venir ? Ce dont je suis persuadé c’est que l’opportunisme est la règle dans la nature et les frelons n’ont fait que saisir une opportunité.

    Réponse
    • Robin

      Merci beaucoup 😊 Et merci pour ce commentaire 😊 Je suis à la fois d’accord et pas trop d’accord avec ce que vous dîtes.. En fait tout dépend de savoir ce qui est bon ou pas, au final. En soit vous avez raison de dire que les grands bouleversements écologiques (même par des causes improbables comme la chute d’une météorite géante) n’est jamais un mal pour la Nature prise dans son ensemble (pour la “vie”, ou la planète, appelons ça comme nous ne le voulons). Ce sera par contre beaucoup plus préjudiciable pour nous, les humains. Et quand on parle de la sauvegarde de la biodiversité, de l’écosystème etc, je pense qu’il y a toujours l’idée notre survie en arrière plan. Car même dans le pire des scénarios, avec le temps (peut être beaucoup de temps), je pense que la nature sait absorber tout problème, et que la vie est presque capable de survivre à tout. Mais en considérant la chose comme elle me semble majoritairement considéré aujourd’hui, il me semble que l’arrivée (improbable sans les moyens humains) du frelon asiatique en europe est de l’ordre du risque écologique.. Enfin je n’ai pas fait de thèse à ce sujet mais c’est mon avis, et je comprends aussi le votre ^^

      Réponse
  6. GOUBIN Jacques

    Merci pour cet article “éclairé” me permettant d’avoir une approche plus ouverte sur le sujet !

    Réponse
    • Robin

      Merci à vous ! 😊

      Réponse
  7. Troussard

    plutôt que de chercher à exterminer, pourquoi ne pas chercher de solutions adaptées à ce “nouvel arrivant” ?
    Il a été démontré par l’INPN en collaboration avec le MNHN (je vous colle le lien du compte rendu de leur étude qui dure depuis l’arrivée de Vélutina en France) que la proportion de chasse sur l’abeille mellifère est généralement de 66% (de la totalité des prises), alors qu’en milieux forestier cette prédation n’est que de 33% .
    Qui plus est les nids n’ont été qu’occasionnellement trouvés dans des conifères alors que les nid sur feuillus sont courants.
    Alors déménageons les ruches en forêt, là où le miel sera multi-floral, qui plus est avec moins de pesticide, des écarts de températures aplanis par le tampon thermique qu’offre le couvert d’une canopée … Ce qui engendrera moins de stresse à nos abeilles (qui d’origine viennent du milieu forestier) et où l’Asiatique est moins présente.
    Pourquoi s’obstiner à continuer à faire comme nous l’avons toujours fait, alors que l’on sait que les cartes ont changées (réchauffement climatique, varoa, vélutina, déforestation …)
    Ne me dites pas qu’un miel monospécifique est meilleur, que le bien-être de l’abeille peut s’appliquer en milieu où elle ne trouve qu’une et une seule plante, elle qui comme nous a besoin d’une diversité alimentaire pour satisfaire son organisme et sa résistance.
    Le miel que je fais est déjà multi-floral, mais en plus je compte bien acquérir une parcelle de forêt (pas de plantation monospécifique j’entends bien) afin d’en faire personnellement l’expérience.
    “Oui mais, à grande échelle, pas simple à gérer”
    Qui a parlé de grande échelle ? Arrêtons de produire en quantité des produits qui, de part leur nombre, sont exportés ou gaspillés. Faisons moins, mais de qualité. N’oublions pas que c’est la quantité qui fait chuter les prix et que la demande les faits augmenter.
    Produisons moins mais de meilleure qualité et en plus locale. Fini les biberons de miels asiatiques en berlingots plastiques. Achetez au village d’à côté, celui dont vous pouvez voir les implantations de ruches.
    Pour une fois que nous avons l’opportunité de changer quelque chose…
    (Voici le lien que je vous ai promis, bonne lecture).
    http://frelonasiatique.mnhn.fr/biologie/

    Réponse
    • Robin

      Merci beaucoup pour ce commentaire (et ce partage !) très intéressant 😊 Il enrichit vraiment l’article, et je ne savais pas cela 😊

      Réponse

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